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    Transmission progressive : réflexion sur l'économie et les relations humaines

    Témoignage d'un agriculteur engagé dans une transmission progressive :

    Passer de 1 personne à 2 puis à 1...

    Je suis installé depuis une trentaine d’année sur une exploitation diversifiée. J’ai commencé à penser à la transmission il y a environ 10 ans. Quand mon fils s’est installé en 2009, nous avons convenu très tôt de faire une transition progressive. Je n’avais pas de piste pour arrêter mon métier et faire autre chose et mon fils s’installait sans formation agricole.
    Notre exigence dès le départ a été de passer d’un à deux revenus. Tout en ayant à l’esprit que le système que nous faisions évoluer devrait s’adapter ensuite à une seule personne quand je serai à la retraite. Concrètement, nous avons développé les productions légumières, la commercialisation de proximité et l’élevage.

    Penser les chiffres à moyen terme

    Notre EBE est ainsi passé de 40 000 € en 2008 à 100 000€ en 2012 (pour un chiffre d’affaire qui a évolué de 170 000€ à 260 000€). 3 personnes travaillent aujourd’hui sur l’exploitation : mon fils, un salarié et moi-même, avec des coups de main de la famille de temps en temps. Des investissements pour le long terme ont été réalisés dès l’installation de mon fils (bâtiment, stockage). Une question qui se pose est comment amortir le capital (exploitation évaluée à 180 000€ en 2009 + 140 000€ d’investissements depuis) maintenant, en permettant aux 2 familles de vivre, et quand mon fils sera seul sur l’exploitation ?

    Sans oublier les relations humaines

    Depuis 4 ans, nous nous sommes beaucoup mobilisés au niveau du travail sur l’exploitation. Aujourd’hui, les résultats économiques sont là, la transition s’opère. Mais c’est la dimension humaine qui prend plus d’ampleur qu’on aurait pu le penser. Nous avons la chance d’être serein du point de vue économique, ce qui facilite la discussion. Nous avons à gérer le fait que pour l’un d’entre nous, c’est un projet qui commence et pour l’autre un projet qui finit. C’est compliqué d’être 2 entrepreneurs sur une même exploitation : nous devons décider à 2. Et cela amène à quelques tensions sur les orientations et au quotidien sur les priorités dans le travail. Nous avons 2 sensibilités qui peuvent s’entrechoquer mais qui sont complémentaires. L’Afocg sert de tierce personne et facilite notre expression.


    Ces difficultés sont accentuées par l’aspect père/fils dans une famille où les relations familiales sont très présentes. C’est compliqué de décider entre moi qui ait de l’expérience, du recul et qui donne plus vite un avis ; et mon fils qui a l’envie, l’énergie et appréhende les choses avec plus d’incertitude. Nous avons une analyse parfois divergente d’une même réalité. On essaie d’en débattre.


    La prochaine étape dans notre transition commune est la réduction d’activité que nous commençons à amorcer.